VTC360

Régulation

Le ratio 1/30, expliqué : la règle qui limitait l'offre et que la Cour suprême a invalidée

ANÁLISIS VTC360 · 14 mai 2026 · Mis à jour le 19 juil. 2026

Si, ces dernières années, vous avez demandé une nouvelle licence VTC, vous avez reçu la réponse habituelle : refus. La raison tenait en une fraction : 1/30 — la réglementation nationale autorisait le refus de nouvelles autorisations VTC lorsqu’il existait déjà plus d’une pour 30 licences de taxi sur le territoire, un seuil dépassé pratiquement dans toute l’Espagne. Cette règle explique comment ce marché s’est développé. Et à partir de 2024, elle ne pourra plus être appliquée comme elle l’était jusqu’à présent : la Cour suprême a invalidé son application automatique.

D’où vient cette règle ?

Le transport en véhicules de neuf places maximum est régi par la LOTT (loi 16/1987) et son règlement d’application. Le ratio 1/30 s’est imposé comme critère national en 2015 (décret royal 1057/2015) après une brève période de libéralisation entre 2009 et 2015. Cette période transitoire est importante : c’est durant celle-ci que des dizaines de milliers d’autorisations ont été demandées, que les tribunaux ont ensuite validées une à une, car le refus n’avait pas de fondement juridique au moment de la demande. Une grande partie des VTC qui circulent aujourd’hui ont vu le jour ainsi : par décision de justice, et non par simple demande administrative.

En 2018, le RDL 13/2018 (le « décret Ábalos ») a transféré aux communautés autonomes et aux municipalités la compétence de réglementer les conditions d’exploitation en milieu urbain. Résultat : une situation hétérogène, où la valeur d’une même autorisation varie en fonction du territoire qui la régit.

Ce qu’a fait la réglementation tant qu’elle était en vigueur

  • Elle a fermé de facto le guichet. Demander une nouvelle autorisation aboutissait à un refus en raison du quota, et la voie judiciaire prenait des années.
  • Elle a fait du marché secondaire la seule issue. Quiconque souhaitait exercer une activité ou investir achetait une licence existante. C’est pourquoi il existe un marché : l’autorisation est transférable avec l’accord de l’organisme chargé des transports.
  • Elle a fixé le prix de la rareté. Une licence à Madrid se négocie autour de 145 500 € et aux Baléares, elle avoisine les 198 000 € (indice VTC360, juillet 2026), tandis que dans les provinces où la demande pour les plateformes est faible, on la trouve entre 15 000 et 25 000 €. Même autorisation administrative ; pénurie et perspectives de revenus très différentes.

La CJUE s’est d’abord prononcée…

En juin 2023, la Cour de justice de l’Union européenne (affaire C-50/21, Prestige and Limousine, concernant l’agglomération de Barcelone) a statué que restreindre les VTC avec un ratio de 1/30 sans justification solide allait à l’encontre de la liberté d’établissement (art. 49 TFUE). Elle n’a pas invalidé le système d’un seul coup : elle a contraint les autorités à justifier leurs limites et a renvoyé la balle dans le camp des tribunaux espagnols.

…et la Cour suprême l’a invalidé

En janvier et février 2024, la Cour suprême a appliqué cette doctrine au système national. L’arrêt du 17 janvier 2024 (ECLI:ES:TS:2024:96) a fait droit au recours contre le refus de 1 000 autorisations dans la Communauté de Madrid, et l’arrêt 230/2024 du 12 février a fait de même pour 50 autres. La doctrine : refuser une autorisation uniquement en raison du ratio 1/30 est contraire au droit européen, sauf si l’administration démontre que cette limitation est appropriée et proportionnée pour des raisons impérieuses d’intérêt général. La Cour suprême n’a pas accordé les autorisations directement : elle a renvoyé les dossiers afin qu’ils soient traités sans appliquer automatiquement ce ratio.

Conséquence pratique : ce ratio figure toujours dans le règlement, mais ne justifie plus à lui seul un refus. Les nouvelles demandes sont traitées au cas par cas, toute limite doit être justifiée de manière fondée, et le contentieux continue de se déplacer d’une région à l’autre.

Sur VTC360, nous suivons la situation de chaque province — guichet, critères et autorisations officielles — avec mention de la source et de la date sur la carte réglementaire.

Que doit en faire un acheteur ?

Tout d’abord, comprendre ce qu’il achète : une pénurie héritée du passé qui n’est plus protégée. Le parc immobilier continue de croître lentement — l’obtention d’une nouvelle autorisation reste une procédure longue et au résultat incertain — mais la tendance de fond indique une augmentation de l’offre, et cela doit être pris en compte dans le prix. Deuxièmement, privilégier la situation géographique plutôt que le prix : une autorisation située à Madrid n’a pas la même valeur qu’une autre dans une zone soumise à une réglementation restrictive ou faisant l’objet d’une procédure judiciaire. Troisièmement, exiger des données : un indice des prix avec un échantillon, un historique des revenus vérifié et un transfert avec dépôt fiduciaire.

L’histoire du 1/30 explique pourquoi ce marché existe. Les données indiquent la valeur de chaque licence au sein de ce marché aujourd’hui. La première partie relève de l’histoire ; quant à la seconde, vous pouvez la vérifier sur l’indice avant de signer quoi que ce soit.

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